En lançant un SUV, un modèle très différent de tout ce que Porsche a produit jusqu’à présent, la marque allemande relève un challenge important et prend un risque calculé, car la réputation de la marque pourrait en souffrir. Le sérieux avec lequel Porsche traite ses produits permet un certain optimisme quant aux qualités du Cayenne.
Conçu et développé en partenariat avec Volkswagen, il fait plate-forme commune avec le Touareg. Mais la distinction esthétique s’avère suffisamment claire pour éviter tout impair. Le look extérieur est assez classique et même s’il ne déploie pas de grands artifices pour se la jouer, il faut admettre qu’il possède une certaine carrure et qu’il impose le respect. D’autant que ce mastodonte pèse 2,3 tonnes et ne flirte pas avec les poids moyens.
Intérieurement, pas de mauvaise surprise non plus, on pourrait même se croire à bord d'une somptueuse limousine britannique, soignée à la perfection et richement équipée. Installé derrière le volant, on ressent une agréable sensation tant l’ensemble offre une ergonomie irréprochable. Les sièges proposent un très bon maintien, que ce soit à l’avant et à l’arrière
Fort de son nouveau V8 à 90° tout aluminium de 4511 cm³ équipé de graissage par carter sec, de 4 Arbres à Cames et de 32 soupapes, dopé par 2 turbocompresseurs, montés en parallèle, qui lui donnent une puissance de 450 CV à 6000 tr/mn, mais surtout un couple de 620Nm entre 2250 et 4750 tr/mn, le Cayenne Turbo devient le nouveau standard en atteignant les 266 Km/h, accélérant de 0 à 100 Km/h en 5,6 secondes et avalant le Km départ arrêté en 25,2 s, sur circuit. Tout se passe dans une sérénité incroyable, grâce à un comportement routier optimisé par des suspensions pneumatiques gérées électroniquement
La boîte de vitesses de série sur le Cayenne Turbo est une « Tiptronic S » à 6 rapports de conception nouvelle, étudiée pour pouvoir supporter les couple et puissance du Cayenne. Elle a été équipée à l’avant, de freins à disques ventilés d’un diamètre de 350mm, dotés de 6 pistons par étrier et à l’arrière de disques ventilés de 330mm de diamètre et 4 pistons.
La transmission ajuste sans cesse ses points de passage des rapports pour se conformer aux caprices de conduite, mais dans le Cayenne, il y a aussi un mode de reconnaissance des côtes, où la boîte se maintient sur un rapport bas pour gravir ou pour descendre de longues pentes.
Sous des conditions sèches, le système PTM se place sous un rapport de couple avant-arrière. Ceci lui donne un équilibre naturellement porté vers l'arrière, alors que quand survient un dérapage, il a la capacité de diriger toute la puissance vers l'avant ou vers l'arrière. Ces processeurs sont les mêmes qui supervisent le système de contrôle de la stabilité (PSM, pour Porsche Stability Management), les ABS, l'ASR et l'ABD, tous fonctionnant main dans la main pour vous assurer une bonne tenue de route.
Bluffante sur route, la motricité se révèle tout aussi impressionnante en usage tout terrain, à condition, bien sûr, d’adopter des gommes un peu plus sculptées que ceux d’origine. Doté d’une gamme de vitesses courtes, d’un blocage de différentiel central et d’une garde au sol pouvant varier de 15 à 27 cm, en fonction de la vitesse et du profil du terrain, le Cayenne s’offre les capacités de franchissement des ténors du 4x4.
Pari réussi pour Porsche, mais ne perdons pas de vue que ce SUV a un coût très élevé difficilement accessible.